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Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Site historique consacré à Marie, surnommée "la Magdaléenne" (alias Marie de Magdala, alias Marie-Madeleine)

ABBA : "Père" ! Simple coïncidence ou signe de la présence de Dieu lors de la Crucifixion ?

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La Passion du Christ (Mel Gibson, 2004)
La Passion du Christ (Mel Gibson, 2004)

La Passion du Christ (Mel Gibson, 2004)

Pour bien comprendre ce chapitre il est préférable d'avoir lu - ou du moins pris connaissance - du contenu du chapitre précédent :

XXIII

ABBA = “Père” ?

 

Extrait de : Thierry Murcia, Marie-Madeleine : l’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, Propos recueillis par Nicolas Koberich[1], La Vie des Classiques (éditions les Belles Lettres), 2017, p. 54-55.

 

-          Si l’on ne retient que les lettres qui indiquent la disposition des divers éléments on obtient trois fois A-B-B-A, autrement dit : ABBA - ABBA - ABBA.

-          C’est exact.

-          Et « ABBA », n’est-ce pas justement ainsi que Jésus s’adressait à « son Père céleste » ?

-          Oui. Abba signifie « Père » en araméen.

-          Est-ce un hasard ou pensez-vous que c’est voulu ?

-          Je l’ignore… mais il faut tout de même veiller à ne pas sombrer dans la surinterprétation.

-          Se servait-on déjà des lettres A et B du temps de Jésus pour mettre en évidence la structure d’un chiasme ?

-          Que l’on utilise les lettres latines A et B, les lettres grecques Alpha et Beta, ou les lettres hébraïques et araméennes Aleph et Beth, on arrive à ce même résultat : ABBA. C’est tout ce que je peux dire…

-          Et si ce n’était pas fortuit que faudrait-il en déduire selon vous ?  

-          Jean aurait pu vouloir signifier qu’au Calvaire, la mère terrestre et le Père céleste de Jésus sont tout aussi présents : l’une physiquement, l’autre spirituellement. Dieu, à aucun moment, n’abandonne son Fils…

-          L’hypothèse est séduisante.

-          Mais ça reste une hypothèse.

-          Quoi qu’il en soit pourquoi ce chiasme, cette série de chiasmes, à cet endroit précis ?

 

[1] Docteur ès Lettres et écrivain.

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XXIV

Croix superposées

 

Extrait de : Thierry Murcia, Marie-Madeleine : l’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, Propos recueillis par Nicolas Koberich[1], La Vie des Classiques (éditions les Belles Lettres), 2017, p. 55-59.

 

-          Le chiasme portait plusieurs noms en grec : khi, khiasma, khiaston, c’est-à-dire : X (lettre Khi), « croix », « disposé en croix ». Et on le représente d’ailleurs par une figure en croix puisque c’est le sens précis du mot « chiasme » en grec. Il est clair que la présence de cette construction stylistique à cet endroit précis de l’Évangile de Jean n’est sûrement pas le fait du hasard. Située, au niveau structurel, au cœur d’un macro-chiasme, elle constitue, au niveau narratif, le point d’orgue du dénouement. D’autre part et surtout, cette disposition en croix des personnages (khiasma = Χ) vient se superposer à l’autre Croix (stauros = †), celle-là même sur laquelle Jésus est supplicié. Mais ce n’est pas tout…

-          Quoi d’autre ?

-          Pour reconnaître une dette, dans l’Antiquité, il suffisait de tracer une simple lettre sur un document officiel. Le plus souvent, on annulait cette dette en la barrant d’une croix, c’est-à-dire au moyen de la lettre Χ. Paul, dans ses épîtres, fait allusion à cette pratique. Chez Jean, la disposition en croix des personnages formant un Khi (Χ) vient donc se superposer à la Croix – en Τ ou en † – la confirmer et la barrer d’une autre croix semblable au signe qui notifie que plus rien n’est dû.

-          Une confirmation de la Rédemption, en quelque sorte ?

-          Absolument. Notez bien qu’en l’occurrence – et ce ne peut être, encore une fois, le simple fait du hasard – la dette est payée au moyen du Khi – Χ – qui est également ici l’initiale de celui qui l’acquitte et qui vaut donc doublement signature : Christ (Χριστός).

-          Vous pensez vraiment que tout ça a été savamment réfléchi ?

-          J’en suis intimement convaincu. Chez Jean, les dernières paroles de Jésus en Croix ont un double sens en hébreu et en araméen (et, dans une moindre mesure, en grec) que la traduction « tout est achevé » ou « c’est achevé » ne rend pas. Shalam (shalem, en hébreu) veut effectivement dire être « achevé », « complété ». Mais s’il est question d’une dette cela signifie qu’elle est « complètement payée ». La formule traduite par « c’est achevé » ne signifie donc pas seulement que les prophéties sont accomplies mais également que la dette est totalement acquittée. Je précise, en passant, que ce verbe (achever), chez Jean, ne se rencontre que dans ce seul chapitre.

-          Il ne pourrait s’agir d’une simple coïncidence ?

-          Encore une coïncidence ? C’est fort peu probable. Vous savez, si les coïncidences marchent rarement par séries, c’est encore moins le cas dans les textes sacrés... Et puis c’est chez Jean seul que Jésus, lors de ses apparitions, adresse à trois reprises à ses disciples (en l’espace de quelques lignes) la formule de salut consacrée : « La paix soit avec vous ! ».

-          Je ne vois pas le rapport.

-          Pourtant il y en a un. Nous retrouvons là, en hébreu, notre fameux : Shalom ‘aleikhem. Cette formule ne figure ailleurs dans les évangiles, à l’identique, qu’une seule fois, chez Luc (et dans cette même circonstance) et qu’une seule autre fois dans tout le reste du Nouveau Testament. La présence, chez Jean seul, de ce salut de paix, Shalom, trois fois répété et prononcé uniquement après la Crucifixion, ne doit rien au hasard. Shalom renvoie mécaniquement ici à Shalam (même racine) et à notre triple X. Il vient donc rappeler et confirmer que ce qui était dû est à présent totalement et définitivement réglé : meshullam.

-          Mais pourquoi trois chiasmes, trois Shalom… ?

-          Parce que ce qui a eu lieu ou a été accompli par trois fois est fermement établi et qu’on ne peut le révoquer.

-          Un rapport avec le triple reniement de Pierre ?

-          C’est possible. Je vais devoir creuser cette question !

-          Tout ceci paraît tout de même assez compliqué…

-          Et tout ça n’est rien ! En fait, les rapports établis, d’une part, entre le X et le salut, et, d’autre part, entre le X et la Croix, trouvent leur origine dans l’Ancien Testament : plus précisément dans le livre d’Ézéchiel et dans son exégèse. Le livre de l’Apocalypse en garde clairement la trace. Vous n’ignorez sans doute pas que le nombre 666, dont il est également question dans cet écrit, correspond au signe de la bête…

-          Évidemment non.

-          Mais saviez-vous que le sceau salvifique de Dieu, dont il est aussi fait mention, n’est rien d’autre qu’un X ? 

-          Vous voulez dire un Khi ?

-          Oui et non. D’un côté, la lettre grecque Khi (X), initiale de Christ. Mais, d’un autre côté, la lettre hébraïque Taw, devenue T – Tau – chez les Grecs, et qui signifie « signe » en hébreu. Dans l’ancienne écriture hébraïque (paléo-hébreu/phénicien), cette lettre avait elle aussi la forme d’un X.

-          Vous parlez de la dernière lettre de l’alphabet hébraïque ?

-          C’est bien ça. Le Taw renvoie à la fois au salut et à la Croix mais également à Dieu lui-même.

-          Pourquoi ça ?

-          Car si, en grec, Dieu est l’Alpha et l’Oméga, en hébreu, la langue de la Bible, il est l’Aleph et le Taw, c’est-à-dire « le principe et la fin ».

-          Et y a-t-il également un rapport avec le signe de croix ?

-          Il y en a un. Ce signe en X, symbole de salut, et qui remonte au livre d’Ézéchiel, était d’utilisation courante dans l’Église des premiers siècles, y compris chez les Juifs convertis. Lors du baptême, on procédait à une triple immersion, à une onction d’huile, et ce signe était tracé sur le front du nouveau baptisé. Les chrétiens ont longtemps porté une croix de ce type peinte en rouge ou tatouée au milieu du front. Elle était à la fois pour eux signe de Salut et de reconnaissance.

-          Il ne s’agissait pas plutôt, en ce cas, d’une croix latine ou d’une croix en T ?

-          Vous savez, c’est du pareil au même puisque la lettre T, le Tau des Grecs, avait primitivement la forme d’un X... En définitive, qu’il s’agisse d’un Khi ou d’un Taw, c’est bien toujours le même « chiasme » qui sauve.

 

[1] Docteur ès Lettres et écrivain.

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Maximus 08/01/2020 12:47

Je ne compredns toujours pas cette histoire de "dette réglée"...de quoi parle-t-on, "historiquement" ?
Jesus dit bien qu'on ne "sortira pas de là sans avoir payé le dernier kopeck"....Et dans l'Apocalypse la fureur divine se fait plus que sentir, envers ceux qui auront vendu leur "Q" à la Bête, ces crapules de technocrates et autres banquiers et journalopes menteuses...