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Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Site historique consacré à Marie, surnommée "la Magdaléenne" (alias Marie de Magdala, alias Marie-Madeleine)

Le chiasme johannique : la source de Jean

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Le chiasme johannique : la source de Jean
Le chiasme johannique : la source de Jean
Le chiasme johannique : la source de Jean

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Pour bien comprendre ce chapitre il est préférable d'avoir lu - ou du moins pris connaissance - du contenu du chapitre précédent :

La bénédiction croisée de Jacob (Benjamin West, 1768)

XXV

La source de Jean

 

Extrait de : Thierry Murcia, Marie-Madeleine : l’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, Propos recueillis par Nicolas Koberich[1], La Vie des Classiques (éditions les Belles Lettres), 2017, p. 59-61.

 

-          Tout cela est fascinant. Mais comment cette ingénieuse idée du chiasme s’est-elle imposée à l’évangéliste ?

-          Situé au cœur d’un macro-chiasme, ce micro-chiasme, qui superpose deux croix, nous fournit du même coup la clé qui nous révèle le lien véritable qui unit Marie de Magdala à Jésus. En Jean 19, 25, l’auteur jongle littéralement avec les personnages, d’abord sans les nommer, puis en donnant leur nom de façon inversée, ce qui crée l’illusion – du fait de « l’effet miroir » – qu’ils sont deux fois plus nombreux.

-          Il faut reconnaître que l’illusion est totale !

-          C’est une construction non seulement particulièrement réussie mais singulièrement originale. D’une part, cette figure n’est théoriquement perceptible que pour celui qui est déjà dans la confidence. D’autre part, une fois identifiée, elle s’imprime aussitôt dans l’esprit du lecteur à tel point qu’il ne lui est plus possible de l’ignorer. Elle s’impose désormais à lui comme une évidence…

-          Et connaît-on d’autres exemples de chiasmes du même genre ?

-          Non, justement. Le cas échéant, il n’aurait pas fallu attendre aussi longtemps pour en comprendre le mécanisme. En fait, Jean 19, 25-27 se présente comme l’accomplissement d’une série de prophéties. Dans ce passage l’atmosphère est « testamentaire » : Jésus mourant prend des dispositions concernant les personnes proches qu’il laisse derrière lui. Or ce tableau en rappelle un autre...

-          Lequel ?

-          Le récit de la mort de Jacob rapporté dans le Livre de la Genèse. Avant de rendre l’âme, Jacob insiste pour bénir ses deux petits-fils Manassé et Éphraïm, les deux fils de Joseph. Or ceux-ci sont alors placés de part et d’autre de Jacob : le premier – l’aîné – à sa droite, le second – le cadet – à sa gauche. Mais Jacob bouleverse l’ordre établi. Il décide, contre toute attente, de les bénir en croisant les bras. Ce faisant, le patriarche dessine alors un X avec ses bras, littéralement, un « chiasme ».

-          Mais dans le récit de Jacob il y a quatre personnages…

-          Dans le récit de Jean également : Jésus se trouve au centre. Sa mère et sa tante sont placées de part et d’autre et le « disciple bien-aimé », l’évangéliste Jean d’après la tradition, est situé en léger hors-champ, tout comme Joseph dans le récit de la mort de Jacob.

-          Ne peut-il s’agir d’une, hum… coïncidence ?

-          Encore ! Voyons… C’est forcément dans cet épisode que Jean trouve sa source d’inspiration. Dans les deux cas le personnage central est à l’agonie et les deux tableaux montrent pareillement une scène d’adoption. De même qu’Éphraïm et Manassé deviennent fils de Jacob, « le disciple que Jésus aimait » devient fils de Marie et Marie devient donc sa mère :

 

« Femme (A),

Voici ton fils (B) ».

Puis il dit au disciple (B) :

« Voici ta mère (A) ».

 

-          Et dans les deux cas, cette adoption passe par un X…

-          Exactement. Remarquez bien que le verbe hébreu sikel présent dans le récit de Jacob, avec ce sens précis de « croiser », ne se rencontre nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament. C’est ce qu’on appelle un hapax absolu. On peut donc comprendre que les auteurs chrétiens des premiers siècles aient eux aussi vu dans ce geste si singulier de Jacob une préfiguration de la Croix du Christ, à savoir un Taw et/ou un Khi… 

 

[1] Docteur ès Lettres et écrivain.

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