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Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Site historique consacré à Marie, surnommée "la Magdaléenne" (alias Marie de Magdala, alias Marie-Madeleine)

Pour en finir avec les étymologies fantaisistes

La Vierge Marie, Van Eyck (1432), Retable de Gand

English version

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Quel est le sens originel de Marie “la Magdaléenne” ?

 

 

Michael Sokoloff, A Dictionary of Jewish Palestinian Aramaic of the Byzantine Period, Bar Ilan University Press, 1992, p. 121, col. 1 :

 

מגדלה = Extolled (exaltée, louangée)

En hébreu moderne, “Marie la Magnifiée” se dit Miriam ha-Mougdelet. Dans l’araméen palestinien utilisé du temps de Jésus, “Marie la Magnifiée” se dit Miriam Megaddela. Et, dans le Talmud de Babylone, la mère de Jésus est très précisément appelée Miriam Megaddelaמרים מגדלא –. Les scribes du Talmud de Babylone, qui s’expriment en araméen oriental, ont non seulement conservé la bonne prononciation mais la bonne orthographe. Mais ces mêmes scribes – qui aiment jouer sur les mots et cultivent parfois la dérision – ont adjoint à son nom le substantif neshayaנשיא – (dans un premier temps), puis sear neshaya שער נשיא – (dans les manuscrits plus tardifs) pour lui donner le sens de “coiffeuse”. Sous leur calame, “Marie la Magnifiée” est ainsi devenue “Marie la coiffeuse pour dames”. Miriam Megaddela est ensuite devenue Miriam Megaddeletמרים מגדלת – dans les Toledot Yeshu, des récits parodiques de la vie de Jésus rédigés en hébreu. Dans le monde chrétien, le sens initial s’est rapidement perdu, et Miriam Megaddela – translittéré Maria hê Magdalênê (Μαρία ἡ Μαγδαληνή), dans le texte grec des évangiles – est devenue, dans nos traductions, “Marie de Magdala” : un personnage féminin dans lequel on a fatalement cru voir une personne différente de la mère de Jésus qui, elle, était censée être de Nazareth…

Cet aspect de la question est plus particulièrement développé dans le chapitre XXII de Marie appelée la Magdaléenne intitulé “Marie de Magdala ou Marie la Magnifiée ?” (p. 287-307) où toutes les pistes philologiques sont explorées. Par acquis de conscience, j’avais fait lire ce chapitre – avant publication – à l’éminent Professeur Stemberger de l’Université de Vienne, grand spécialiste de la littérature rabbinique et des langues sémitiques, afin qu’il en vérifie la pertinence et en corrige les éventuelles erreurs. Il n’a rien trouvé à redire.

Voir également :

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