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Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Site historique consacré à Marie, surnommée "la Magdaléenne" (alias Marie de Magdala, alias Marie-Madeleine)

Marie de Magdala : disciple parfaite et Nouvelle Eve

Recommended Book on Academia / Livre recommandé sur Academia

The Gold / Rapunzel (Vladimir Kireev, 2012)

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XII

La disciple parfaite ?

Extrait de : Thierry Murcia, Marie-Madeleine : l’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, Propos recueillis par Nicolas Koberich[1], La Vie des Classiques (éditions les Belles Lettres), 2017, p. 30-32.

 

-          Mais Marie de Magdala ne pourrait-elle pas, tout simplement, être le type même de la « disciple parfaite » ?

-          Dans cette éventualité, on peut légitimement supposer qu’elle aurait également été mise à l’honneur, ou du moins citée en exemple, dans les Actes des Apôtres ou bien dans les Épîtres. Or c’est tout le contraire qu’on observe : la tradition apostolique l’ignore superbement.

-          Mais Marie de Magdala est tout de même bien une disciple ?

-          Si c’était le cas, pourquoi Jean, tout à la fin de son évangile, ne mentionnerait-il que trois apparitions aux disciples ? Dans son inventaire final, il omet cette fois délibérément la manifestation dont, selon son propre témoignage, Marie de Magdala a prioritairement bénéficié. La conclusion qui s’impose est celle-ci : Non. Marie de Magdala ne doit pas être comptée parmi les disciples. Mais, d’un autre côté, le récit de l’apparition du Ressuscité tel qu’il est rapporté chez Jean montre qu’elle est bien davantage pour cet évangéliste qu’une femme « comme les autres »…

-          À quel niveau se situe-t-elle ?

-          Elle occupe un statut à part : une place de choix.

-          Et chez Marc et Matthieu ?

-          La présentation est assez différente. Chez Jean, la relation apparaît comme étant beaucoup plus intime. Jésus se manifeste à Marie tandis qu’elle se trouve seule. Il s’adresse alors à elle avec tendresse, comme un fils le ferait à sa mère. Il lui précise qu’il va « vers son Père » et lui enjoint « d’aller trouver ses frères ».

-          Je suppose qu’il est question ici de ses frères spirituels, non ?

-          Vous voulez dire de « ses disciples » ?

-          Oui.

-          Rien ne permet de l’affirmer.

-          Mais Jésus ne dit-il pas lui-même que tous ceux qui font la volonté de Dieu peuvent être appelés « ses frères » ou « ses sœurs » ?

-          C’est vrai, mais le cas échéant pourquoi Jésus, qui s’adresse ici à Marie, ne dit-il pas « nos frères », plutôt que « mes frères » ?

-          Mais si Marie de Magdala est la mère de Jésus, comment se fait-il qu’elle ne l’ait pas reconnu immédiatement ? Elle le prend d’abord pour un jardinier…

-          Tout simplement parce qu’elle n’avait alors aucun moyen de le reconnaître.

-          Il était déguisé ou bien… méconnaissable ?

-          Ah ! Je reconnais là des hypothèses avancées par certains auteurs à succès… Mais non, rien de tout ça. Il suffit simplement de resituer la scène dans son contexte socioculturel. Une femme honnête devait alors éviter de converser avec un étranger et, lorsqu’elle y était contrainte, elle avait interdiction de le dévisager : elle n’avait donc pas d’autre solution que de détourner le regard ou de baisser les yeux…

-          Donc elle ne l’a pas vu !... Et quand Jésus lui dit : « Mariam » ?…

-          Au simple énoncé de son nom, tandis qu’elle est tournée et qu’elle le croyait mort, elle reconnaît immédiatement son interlocuteur. Elle se retourne alors et lui répond aussitôt : « Rabbouni ! »

-          Ce qui veut dire ?

-          « Mon Maître » ou, selon d’autres, « mon cher Maître ».

-          Et est-ce si surprenant ?

-          Si Marie n’est qu’une simple disciple, oui. Dans des circonstances analogues, les « disciples d’Emmaüs », eux, mettront plusieurs heures pour le reconnaître ! Ce n’est qu’au moment du repas, après avoir longuement cheminé et conversé avec lui, nous dit Luc, que ses deux commensaux réalisent enfin, à sa façon de prononcer la bénédiction et de rompre le pain, que c’est Jésus en personne qu’ils ont devant eux. 

 

[1] Docteur ès Lettres et écrivain.

La « nouvelle Ève »

 

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XIII

La « nouvelle Ève »

 

Extrait de : Thierry Murcia, Marie-Madeleine : l’insoupçonnable vérité ou Pourquoi Marie-Madeleine ne peut pas avoir été la femme de Jésus, Propos recueillis par Nicolas Koberich[1], La Vie des Classiques (éditions les Belles Lettres), 2017, p. 33-34.

 

-          Mais dispose-t-on d’autres éléments qui pourraient laisser supposer que, chez Jean, les deux Marie n’en font qu’une ?

-          Plusieurs savants ont fort justement fait observer que, dans son récit de la Passion, Jean semble établir des rapprochements entre la mère de Jésus, et Ève, la première femme. De même que la première Ève était « la mère des vivants », Marie devient, chez Jean, la mère des croyants (dont le « disciple bien-aimé » n’est que le prototype). Parallèlement, Jésus, lui, fait figure de « nouvel Adam ».

-          Cette interprétation n’est pas nouvelle…

-          Effectivement. On la retrouve chez de nombreux Pères de l’Église. Mais voici qui est plus intéressant : ces mêmes commentateurs s’accordent aussi pour dire que dans le récit de l’apparition qui fait suite, alors que le Ressuscité continue d’être présenté comme l’antitype du premier homme, c’est Marie de Magdala qui, cette fois, fait figure de « nouvelle Ève ».

-          Marie de Magdala se substitue en quelque sorte à la mère de Jésus...

-          Ce qui laisse supposer qu’il s’agit bien, pour Jean, du même personnage. Avec Ève, la mort et l’affliction étaient entrées dans le monde. Avec Marie de Magdala, premier témoin de la Résurrection et première annonciatrice de la bonne nouvelle, l’Évangile, la « Vie » a vaincu la mort. Elle devient, du même coup, « apôtre des apôtres ». Ce thème a été développé par plusieurs Pères de l’Église… Ainsi, la « nouvelle Ève », aussi bien chez Jean lui-même que pour toute la tradition exégétique, est donc tantôt Marie, la mère de Jésus, tantôt Marie de Magdala.

-          Et quelle conclusion en tirez-vous ?

-          Que dans la perspective johannique, Marie de Magdala ne devient la « nouvelle Ève », « la mère des vivants », que parce qu’elle est elle-même la mère de Jésus. C’est la même Marie qui, ontologiquement, est la mère des « vivants », à commencer par Jésus lui-même, le premier des ressuscités, qu’elle a non seulement porté et mis au monde mais qui, comme une nouvelle naissance, lui fait aussi l’honneur de sa première apparition. 

 

[1] Docteur ès Lettres et écrivain.

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