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Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Marie appelée la Magdaléenne (Marie, Marie-Madeleine)

Site historique consacré à Marie, surnommée "la Magdaléenne" (alias Marie de Magdala, alias Marie-Madeleine)

Marie, l'épouse de Jésus et le baiser échangé

English version

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Cet article fait suite à : 

Jésus et Marie : le baiser”

également publié sur Overblog

Ridolfi Ghirlandaio, Le Couronnement de la Vierge (début XVIe siècle)

Marie, l’Épouse de Jésus et le baiser échangé (Post 2/7) 

Oui, Jésus et Marie, sa mère, s’embrassent sur la bouche. Il s’agit d’une ancienne tradition à laquelle les Évangiles gnostiques se rattachent également.

Voir, par exemple, ce texte du Pseudovodius (non gnostique), écrit en copte, traduit par Stephen J. Shoemaker, dans Ancient Traditions of the Virgin Mary’s Dormition and Assumption, Oxford / New York, 2004, p. 403.

 

Traduction du passage : 

“Nous [les Apôtres] nous sommes avancés un à un vers lui [Jésus] : d’abord les Apôtres, puis les plus petits disciples. Puis nous nous sommes inclinés devant lui et avons embrassé ses mains, ses pieds et sa poitrine. Et les femmes qui étaient avec nous ont fait de même. Mais Marie, sa Mère, est venue en hâte et elle s’est avancée vers lui et l’a embrassé bouche contre bouche. [16] Et quand Jésus vit sa Mère, la Vierge, il lui sourit avec un sourire spirituel et lui dit : “Tu es Bénie, ô ma Mère, plus que chaque créature que mon Père a créée. Tu es “Exaltée” au-dessus du Ciel…”

***

Ici, une précision s’impose : à la fin de ce passage, nous avons le mot “Exaltée” attribué par Jésus à sa Mère. “Exaltée”, “Magnifiée”, ici le mot est en copte. Mais le correspondant araméen est : Megaddela.

Marie, l’Épouse de Jésus et le baiser échangé (Post 3/7)

Jésus appelle sa Mère “son Épouse” et promet de l’embrasser encore. Il s’agit encore d’une ancienne tradition chrétienne orientale à laquelle les Évangiles gnostiques se rattachent également.

Voir ici le texte du Pseudo-évodius (non gnostique, suite du passage précédemment cité), écrit en copte, traduit par Stephen J. Shoemaker, Ancient Traditions of the Virgin Mary’s Dormition and Assumption, Oxford / New York, 2004, p. 404.

Notez bien que le mot “Épouse” a un sens spirituel, tout comme le mot “compagne” dans l’Évangile de Philippe.

 

 

Traduction :

“Bénie sois-tu, belle colombe, mon épouse sans défaut. Lève-toi et viens à côté de moi, parce que mon temps est proche, celui où je mangerai mon pain avec toi et où je boirai le vin odorant dans mon jardin, mon saint Paradis. O Ma Mère, puisque tu as passé neuf mois à me porter dans ton saint ventre, moi aussi je te porterai dans les entrailles de ma miséricorde. Et de même que tu m’as nourri aux genoux et aux bras, je te ferai asseoir aussi sur un trône glorieux à ma droite et à celle de mon bon Père. De même que tu m’as enveloppé de langes le jour où tu m’as mis au monde et que tu m’as placé dans une crèche, avec un bœuf et un âne pour me couvrir de leur ombre, moi aussi je te couvrirai des ailes du séraphin. Et de même que tu m’as embrassé de ta bouche et que tu m’as nourri de ton lait virginal, moi aussi je t’embrasserai en présence de mon Père qui est aux Cieux et mon Père te nourrira du pain de la vérité. O Marie, Ma Mère, le temps est venu pour toi de quitter ce corps comme tout un chacun, car il n’est donné à personne sur cette terre de ne pas goûter la mort, y compris moi, celui que tu as formé, c’est pourquoi j’ai racheté ma forme. Ne sois pas affligée, ô Marie, Ma Mère, de devoir quitter ce corps. Car tu laisseras ce monde derrière toi et ira au lieu de la joie et de l’éternelle félicité.”

 

Marie, l’Épouse de Jésus et le baiser échangé (Post 4/7)

Ce texte copte reprend et amplifie le récit de la rencontre entre Marie (dite la Magdaléenne) et Jésus Ressuscité relaté dans l’Évangile de Jean (chapitre 20, 1-18). Pour le rédacteur, Marie, qui veut embrasser son fils sur la bouche, n’est autre que la mère de Jésus. Ce fragment a été compilé et traduit par Eugène Revillout et publié sous le titre “Évangile des douze apôtres, 14e fragment”, dans Les Apocryphes coptes, Patrologia Orientalis II, 2, Paris, Firmin-Didot, 1904, p. 169-170.

 

Marie, l’Épouse de Jésus et le baiser échangé (Post 5/7)

Ce texte, attribué à Cyriaque de Behnessa, reprend et amplifie le récit de la rencontre entre Marie, dite la Magdaléenne, et Jésus Ressuscité relaté dans l’Évangile de Jean (chapitre 20, 1-18). Encore une fois, pour le rédacteur, Marie, qui veut embrasser son fils, n’est autre que la mère de Jésus. Le texte a été publié par Simon Claude Mimouni, dans Les traditions anciennes sur la Dormition et l’Assomption de Marie. Études littéraires, historiques et doctrinales, Leyde / Boston, Brill, 2011, p. 150.

 

Marie, l’Épouse de Jésus et le baiser échangé (Post 6/7) 

Ce texte du Pseudo-Cyrille (Discours sur la Vierge Marie), rédigé en copte, a été publié par E. A. W. Budge, dans Miscellaneous Coptic Texts in the Dialect of Upper Egypt, Londres, 1915, p. 717-718. Encore une fois, la Vierge Marie est appelée l’“épouse” de Jésus (nous nous situons ici à un niveau spirituel, non charnel) et tous deux s’embrassent sur la bouche.

 

Traduction :

“O mon bien-aimé, peuple épris de Dieu, ouvrez les oreilles de votre cœur et écoutez l’histoire de l’honneur de la Mère de Dieu, reine de toutes les femmes, la véritable épouse, que le Fils de Dieu portait en haute estime. Il est venu et a habité dans son ventre pendant neuf mois et elle l’a porté pour nous à Bethléem. Elle l’enveloppa dans des lambeaux d’étoffes, elle le coucha dans une mangeoire à bétail ; et les bêtes l’ont regardé et l’ont reconnu, et elles l’ont protégé. Tu as tendu ton bras droit, tu l’as pris et tu l’as fait coucher sur ton bras gauche. Tu as plié ton cou et laissé tes cheveux tomber sur lui. Tu as embrassé sa bouche de la même manière que le Père a embrassé sa bouche au Ciel et tu l’as assis sur tes genoux. Il leva les yeux vers ton visage. Il a étendu sa main, il a pris ta poitrine et a attiré dans sa bouche le lait plus sucré que la manne. La saveur de ton sacrifice lui était plus douce que la saveur du sacrifice de Noé. Ayant bu à tes seins immaculés, il t’appela “ma Mère”. Venez et voyez Dieu appelant Marie “ma Mère” et embrasser sa bouche. Et comme elle embrassait sa bouche, elle l’appelait toujours “Mon Seigneur et mon Fils”. Elle l’adorait, car quand elle lui donnait sa poitrine, elle s’inclinait devant lui, tandis qu’il se dressait comme une tour ; et ensuite elle l’adorait en disant : “Mon Seigneur et mon Fils”. Puis, après ces choses, elle avait l’habitude de lui prendre la main et de le conduire le long des routes en disant : “Mon doux Fils, marche un peu, de la même manière que tous les autres bébés doivent marcher.” Et Lui, Jésus, le Dieu même, la suivait sans trouble. Il s’accrochait à elle avec ses petits doigts, il s’arrêtait de temps en temps, et il s’accrochait à la robe de Marie, sa Mère Celui à qui tout l’univers est suspendu ! Il levait les yeux vers son visage – Celui sur qui tout l’univers est suspendu et par qui il est maintenu en ordre – et elle, elle l’aurait rattrapé par elle-même, l’aurait hissé dans ses bras et aurait marché avec lui.

Venez toutes, femmes, regardez Marie et voyez Dieu, qui se mêle à elle, lève sa face et l’embrasse ! Marche, marche, fille de Sion, je veux dire toi, ô Marie. Voici, le roi, le Christ, est sur toi, car le Roi, le Christ, est avec toi. Il est assis dans tes bras ! Le Père s’est fait lui-même un compagnon de travail avec toi. Le Fils s’est fait parent avec toi. Le Saint-Esprit s’est rendu inséparable de toi. Les anges te sont soumis, car Il t’aime et a séjourné chez toi à cause de ta pureté. Car toi seule parmi toutes les femmes as trouvé grâce auprès de Dieu, car le Seigneur est avec toi. Lève tes mains et tes bras vers les hauteurs. Prends de Dieu, le Père, l’image de Son fils et porte-la sur ta tête. Le Saint-Esprit te guidera sur ton chemin et tu marcheras à travers le monde entier.”

Marie, l’Épouse de Jésus et le baiser échangé : Conclusion (Post 7/7) 

Au sujet du Da Vinci Code, j’ai écrit ceci :

“Cette extraordinaire fiction romanesque, qui a connu un succès planétaire et suscité tant d’interrogations et d’émoi – parce qu’elle prétend s’appuyer (du moins en partie) sur des faits – ne repose pourtant, en tout et pour tout, que sur deux brefs passages tirés d’évangiles apocryphes découverts depuis voici déjà plus d’un demi-siècle : l’Évangile selon Philippe et l’Évangile selon Marie. Dans ces manuscrits coptes, retrouvés en Égypte, on peut lire en effet :

La compagne du [Fils est Marie-]Madeleine. Le [Seigneur aimait Marie] plus que [tous] les disciples ; [il] l’embrassait [souvent sur la bouche].

C’est sans faille que le Seigneur la connaît, c’est pourquoi il l’a aimée plus que nous.

Nous reviendrons, dans cette étude, sur ces deux passages qui, cités hors contexte, ont été mal compris.” [1]


[1] Thierry Murcia, Marie appelée la Magdaléenne, 2017, p. 13-14.

Présentés de façon isolée, ces textes ont pu faire croire que Marie-Madeleine avait été la compagne sexuelle de Jésus, qu’il en avait eu des enfants et certains, qui sont même allés jusqu’à s’imaginer descendre de ce couple divin, ont institué tout un système et se sont construit des généalogies[1].

Mais, remis dans leur contexte rédactionnel, ces textes prennent une toute autre signification (voir posts 1 à 6) : la Marie dont parlent l’Évangile selon Philippe et l’Évangile selon Marie, que Jésus aimait davantage que ses disciples, et qu’il embrassait sur la bouche (comme c’était la coutume en Orient) n’est autre que sa propre Mère, Marie “la Magnifiée”, en araméen : Miriam Megaddela.

Ce n’est pas faire offense à la Magdaléenne que d’en faire la Mère de Jésus, bien au contraire. En revanche, si – comme mes travaux, qui se fondent sur la documentation la plus ancienne, le démontrent – elle est bien la Mère de Jésus, cela signifie que, c’est également elle qui, par ignorance, a été considérée pendant près de 1500 ans comme une prostituée. Et l’on voudrait donc, à présent, que Jésus ait eu des relations incestueuses avec sa propre Mère !? Que ceux qui me vilipendent car ils prétendent les aimer prennent bien le temps d’y réfléchir... Si j’étais croyant, je dirais que Jésus s’est montré d’une patience extraordinaire avec ceux qui, sans le savoir, continuent de les calomnier sa mère et lui ! 


[1] Concernant ces prétendues généalogies et ces vaines recherches généalogiques, voici ce qu’écrivait déjà l’Apôtre Paul – de façon quasi-prophétique ! (l’Histoire se répète) il y a 2000 ans :

“Les folles recherches, les généalogies, les disputes, les polémiques au sujet de la Loi, évite-les. Elles sont sans utilité et sans profit.” (Tite 3, 9).

Mais encore :

“Paul, apôtre du Christ Jésus selon l’ordre de Dieu notre Sauveur et du Christ Jésus, notre espérance, à Timothée, mon véritable enfant dans la foi : grâce, miséricorde, paix, de par Dieu le Père et le Christ Jésus notre Seigneur. Ainsi donc, en partant pour la Macédoine, je t’ai prié de demeurer à Éphèse, pour enjoindre à certains de cesser d’enseigner des doctrines étrangères et de s’attacher à des fables et à des généalogies sans fin, plus propres à soulever de vains problèmes qu’à servir le dessein de Dieu fondé sur la foi. Cette injonction ne vise qu’à promouvoir la charité qui procède d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sans détours. Pour avoir dévié de cette ligne, certains se sont fourvoyés en un creux verbiage ; ils ont la prétention d’être des docteurs de la Loi, alors qu’ils ne savent ni ce qu’ils disent, ni de quoi ils se font les champions.” (1 Timothée 1, 1-7)

Vous trouverez de nombreux autres exemples dans mon livre publié aux Presses Universitaires de Provence  : Marie appelée la Magdaléenne, 2017, p. 103-150, 355-356. Un chapitre entier est consacré à cette question : p. 131 et suivantes.

Vous pouvez télécharger gratuitement cet article en PDF sur Academia

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